INTERVIEW AVEC LES PRETEURS DE COLLECTICITY, LA COM COM DE SAINT BRIEUC ET LA PLATEFORME COLLECTICITY

Avec l'aimable autorisation de la plateforme de crowdlending aux collectivités : COLLECTICITY, vous trouverez ci dessous une interview que j'ai réalisé pour vous, mes chers visiteurs !

Vous découvrirez quelles sont les motivations des prêteurs, de la Communauté des Communes de Saint Brieuc et vous comprendrez davantage le fonctionnement du prêt aux collectivités.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont répondu à mon enquête : les prêteurs (Sylvie et Jérôme), la Communauté des Communes  de Saint Brieuc (Maud) et la plateforme Collecticity (Julien Quistrebert et Marc Payan).

 

Bonne lecture !

 

QUESTIONS AUX PRETEURS :

 

  • Comment avez-vous connu la plateforme Collecticity ?

Sylvie :    Par une affiche sur mon lieu de travail, exposant brièvement le projet avec une invitation à une réunion d'information sur place ;

Jérôme : Bouche à oreille

 

  • Connaissiez-vous avant le crowdlending et le financement participatif ?

 Sylvie :   Le financement participatif , crowdfunding, oui ; le crowdlending étant une spécificité de crowdfunding, je n'avais pas eu l'occasion de l'utiliser ;

Jérôme : Oui (principalement kickstarter / kisskiss bank bank)

 

  • Aviez-vous déjà participé à un (ou plusieurs) projets de financement participatif ?

             Sylvie :    Oui, via Kisskissbankbank sous forme de don sur un projet de création de scoop ( « Toutenvélo »messagerie et déménagements à vélo sur Rennes)

Jérôme :  Non

 

  • Si oui, est ce sous forme de dons, de prêts, d’equity ? 

Jérôme : Non concerné

 

  • Pourquoi avez-vous prêté à ce projet ? (au moins 2 ou 3 arguments si possible) ?

Sylvie :    

 –   promouvoir l'énergie renouvelable  par l'installation de panneaux photovoltaïques sur un bâtiment public,
–    l'electricité produite sera utilisée en direct et non revendue à EDF, ce qui constitue un dispositif plus simple, plus économique et plus écologique ;
–    je travaille dans ce bâtiment !

 

Jérôme  : Il me parait important de participer à l'implantation des énergies durables 2) Je préfère que l'agglomération s'endette auprès des particuliers plutôt qu’auprès d'une banque (qui d'autre part utilise l'argent des particuliers !). 3) Les économies des français représentent un potentiel qui pourrait permettre de développer des secteurs tel que les énergies durables (génératrice d'emploi etc.) avec plus de facilité tout en assurant un léger gain pour ceux qui investissent par rapport à l'épargne classique.

 

  • Que souhaitez-vous comme amélioration ou évolution dans l’offre de la plateforme Collecticity ? Auriez-vous besoin d’un point d’éclaircissement ?

Sylvie :     Un mode d'utilisation beaucoup plus simple car actuellement c'est dissuasif !!!

Jérôme :  La plateforme m'a paru claire et je n'ai pas eu d'interrogation particulière.

 

  • Etes-vous prêt à financer d’autres projets  de financement participatif ? Via Collecticity et/ou via une ou des autre(s) plateforme(s) 

            Sylvie :    Pourquoi pas ?

            Jérôme : Oui si elle s'inscrit dans le cadre d'un développement économique / écologique (surtout si c'est à l'échelle locale)

 

 

QUESTIONS A LA COLLECTIVITE DES COMMUNES DE SAINT BRIEUC:

 

 

  • Comment avez-vous connu la plateforme Collecticity ?

Via l’association régionale TARANIS qui accompagne les projets d’énergie citoyenne

 

  • Connaissiez-vous avant le crowdlending et le financement participatif ?

Oui

 

  • Quels sont pour vous les avantages du financement d’une collectivité locale par la foule (crowdlending aux collectivités locales) (au moins 2 ou 3 si possible !)

Appropriation des projets par les habitants d’un territoire

            Sensibilisation au développement des énergies renouvelable et à l’épargne dans des projets locaux et durables

 

  • Pourquoi n’aviez-vous pas vu votre banquier pour ce financement ?

Saint Brieuc Agglomération n’avait pas besoin d’emprunter cette somme, elle a lancé une campagne d’investissement citoyen pour les raisons citées plus haut

 

 

QUESTIONS A LA PLATEFORME DE CROWDLENDING COLLECTICITY :

 

 

1- D'où vous est venu l'idée de créer une plateforme de crowdlending aux collectivités ?

 

Collecticity a été fondée par Paul Merz, Marc Payan et Julien Quistrebert.

 

Après avoir travaillé pendant plusieurs années dans la gestion d’actifs, Julien Quistrebert, Président de Collecticity, s’est intéressé aux modes de financement alternatifs et participatifs. Il a, à plusieurs reprises dans le cadre de ses activités précédentes, aidé des sociétés à lever des capitaux. Son coeur d’activité reste le même : après avoir oeuvré dans le financement des sociétés, il se lance à présent dans celui des collectivités.

« Aujourd’hui les collectivités ont un besoin de financement de 15 à 20 milliards d’euros* par an. L’épargne des français se montent quant à elle à 4200 milliards d’euros. Si les citoyens acceptent de placer 1% de leur épargne dans des projets publics, les besoins sont dépassés ».

Par ailleurs, le marché du crowdlending se trouve aujourd’hui à un tournant :

« Les annonces de défaut de paiement se multiplient sur les plateformes de financement de PME. Collecticity propose des taux de rendements certes plus faibles, mais les projets, puisqu’ils sont publics, sont quasiment sans risque ».

 

Paul Merz a pour sa part fondé MAJ Digital, une agence de webdesign et webmarketing. Il s’intéresse depuis longtemps au phénomène de désintermédiation de l’économie. Pour lui, la prochaine étape va se jouer dans la sphère publique : « Nous nous plaignons souvent du manque de places en crèche, de la pénurie de médecin, de l’absence d’infrastructures sportives… au lieu de tout attendre des pouvoirs publics, pourquoi ne pas investir nous mêmes dans de projets d’intérêt général qui vont changer notre quotidien ? ». Avec Collecticity, les particuliers deviennent des investisseurs de leur territoire.

 

Marc Payan, avocat, observe depuis longtemps les phénomènes collaboratifs dont il a toujours souhaité accompagner le développement. Il pense que la sphère publique ne peut que s’enrichir en s’inscrivant dans la mouvance de la co-construction citoyenne. « Les élus prennent progressivement conscience de l’importance du phénomène dont ils savent qu’il n’ira qu’en s’amplifiant. La plupart ont compris qu’il s’agit d’une opportunité qu’il faut accompagner à la fois pour en tirer les bénéfices et pour poser les jalons qui éviteront les excès ou les dérives. C’est pourquoi les élus doivent rapidement s’approprier les outils positifs mis à leur disposition tel que la plateforme Collecticity… Les épargnants ont quant à eux tout à gagner : entre épargner en prêtant à une PME ou à une collectivité, le choix est rapidement fait ! »

 

 

2- Avez vous rencontré des difficultés particulières pour créer la plateforme ?

Ce type de plateforme est évidemment difficile à créer d’un point de vue technique. Nous avons pris le temps de construire un outil sécurisé et fiable. La partie juridique a constitué la partie la plus complexe car les problématiques spécifiques aux collectivités peuvent être compliquées à concilier notamment avec la réglementation du crowdfunding conçue pour les sociétés. Aujourd’hui tous les sujets sont résolus et nous avons considéré que nous devions être intraitables sur le respect des règles légales en particulier parce que nous officions dans le secteur public. Les Ministères compétents ont récemment confirmé par écrit que notre activité et ses modalités d’exécution sont légales.

 

 

3- Comment comptez vous procéder pour "attirer" des emprunteurs/prêteurs sur votre plateforme ?

Nous avons mis en place un plan de communication et comptons en partie sur les retombées presse engendrées par les premiers projets.

Chaque collectivité doit par ailleurs faire la promotion de son opération de financement participatif pour toucher des investisseurs locaux.

A terme nous espérons constituer une communauté d’investisseurs particuliers qui feront le choix de soutenir des projets publics à fort impact social.

 

 

4- Comptez vous attirer aussi des institutionnels prêteurs pour bénéficier d'un effet de levier ?

C’est un sujet qui n’est pas d'actualité à ce stade au delà de l’effet de levier, l’implication citoyenne est importante dans notre vision de la plateforme. Les institutionnels répondent moins à cette logique.

 

 

5- Que recherchent d'après vous les prêteurs et emprunteurs ?

Les investisseurs qui font le choix de placer leur épargne dans un projet public cherchent en grande partie un outil de placement innovant, transparent, solidaire et sûr.

Leur argent est placé dans un projet identifié, et non pas dans un fond anonyme.

Ils cherchent également à donner du sens à leur épargne et à soutenir le développement de leur territoire.

Par ailleurs, les investisseurs sont aussi parfois les premiers bénéficiaires des structures ou des services financés par une opération de civic crowdfunding.

 

 

6- Qu'est ce qui distingue d'après vous le crowdlending aux collectivités des autres formes de crowdlending ?

La principale différence provient du risque de défaut. Pour différentes raisons juridiques, le prêt est très sécurisé et la capacité de recouvrement est beaucoup plus simple.

L’autre différence évidemment c’est de participer à la création de projets qui peuvent changer la société, notre rapport aux élus...

Nous définissons notre projet comme à mi-chemin entre la fintech et la civictech.

 

 

7- Sur l'aspect juridique, qui s'occupe de valider un dossier de prêt ? La DAJ ?

Car cela semble très réglementé !

Une demande de prêt doit d’abord être validée par les experts de Collecticity.

Un taux d’intérêt fixe et un échéancier de remboursement (7 ans maximum) sont définis après l’étude du dossier. Ils varient en fonction de la dimension extra-financière du projet, du niveau de risque et de solvabilité de la collectivité et de l’évolution du marché.

La décision est prise par l’organe délibérant de la collectivité qui est soumise au contrôle de légalité du Préfet et à celui du comptable public, lequel dépend de la DGFIP, une Direction de Bercy. Ce processus participe aussi à rassurer les investisseurs sur le sérieux des opérations.

 

 

8- Est ce qu'un financement doit répondre obligatoirement aux conditions d'un marché public ?

Oui mais pas l’ensemble du process. Aujourd’hui ce n’est un vrai sujet car il existe des dérogations mais dans l’avenir un changement législatif sera sûrement nécessaire.

 

 

9- En cas de retard, comment comptez vous procéder ?

En choisissant de ne financer que des projets publics, nous espérons éviter les retards de paiements.

Cependant, contractuellement nous prévoyons des pénalités en cas de retards de remboursement. En outre, il existe une procédure spécifique aux collectivités qui permet de recouvrer facilement et rapidement les fonds. Contrairement aux entreprises privés, il n’est pas nécessaire de passer par une procédure judiciaire lourde.

 

 

10- L'endettement important + la baisse des dotations de l'Etat ne risquent ils pas de fragiliser nos collectivités locales et d'augmenter le risque d'impayé ?

Il faut faire attention à ne pas généraliser, toutes les collectivités ne sont pas surendettées. C’est même plutôt l’inverse, elles sont en général bien gérées.

Il faut ne faut pas oublier que l’emprunt via du crowdfunding est une simple alternative à l’emprunt classique : la seule différence est que les intérêts reviennent aux particuliers plutôt qu’aux banques.

La réglementation les concernant d’ailleurs est rassurante. L’emprunt ne peut être utilisé que pour des dépenses d‘investissement et pas de fonctionnement contrairement à l’Etat. En outre, elles doivent présenter des budget à l’équilibre.

La baisse des dotations peut les fragiliser mais la solution la plus simple c’est de réduire les investissements, ce qu’elles font d’ailleurs aujourd hui. Le résultat ce que cela pénalise la croissance et donc l’emploi.

Encore une fois le risque d’impayé est quasiment nul. Si le défaut de paiement est possible, c’est à dire un retard de paiement, une faillite n’est pas possible au vu de la législation en France.

 

 

 

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