Scoring Banque de France : une évaluation des performances

SOURCE : BANQUE DE FRANCE EUROSYSTEME - COTATION BANQUE DE FRANCE UNE EVALUATION DES PERFORMANCES - JUIN 2015

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L’objectif d’un système de notation est de classer les entreprises en fonction de la probabilité d’occurrence, sur un horizon donné, d’un événement de défaut (concrétisation du risque de crédit). Lors de chaque décision de notation, les analystes financiers formulent leur appréciation en fonction de toutes les informations pertinentes disponibles. Cette appréciation comporte une dimension prédictive – dans le cas de la cotation Banque de France, l’horizon de 3 ans sert de référence – qui, compte tenu de son ancrage à moyen terme, conduit à une certaine stabilité des appréciations, en tout cas pour les meilleures cotes. Néanmoins, les analystes doivent aussi intégrer les éléments nouveaux les plus significatifs, ce qui implique une certaine réactivité. Les mesures de performance des systèmes de notation sont multicritères. Elles permettront à l’observateur externe de se forger une opinion sur la capacité du système à classer de manière pertinente les entreprises en fonction de leur niveau de risque de crédit. Elles doivent aussi donner des informations sur la façon dont s'établit l'équilibre entre la stabilité et la réactivité du système. Enfin, la valeur des indicateurs doit s’interpréter en fonction des paramètres du système (la définition du défaut, la taille du portefeuille d’entreprises couvert par le système…). Le présent document donne quelques exemples d’indicateurs faisant partie du dispositif de suivi de la Direction des Entreprises de la Banque de France ; ces indicateurs lui permettent de disposer de cette évaluation de performance multicritères. Des précisions d’ordre méthodologique sont tout d’abord apportées (§ 1). Puis, le document présente les principaux résultats de différentes études statistiques (§ 2).

1. Précisions sur la cotation Banque de France et les statistiques présentées

La cotation Banque de France est « une appréciation sur la capacité d’une entreprise à faire face à ses engagements financiers à un horizon de 3 ans ». C’est une mesure du risque de crédit, qui traduit un jugement sur le risque encouru par un prêteur. La cotation est attribuée par des analystes répartis sur l’ensemble du territoire et selon des normes professionnelles et déontologiques inscrites dans le « code de conduite de l’activité de cotation à la Banque de France ». Chaque année, plus de 250 000 entreprises font ainsi l’objet d’une analyse du risque, fondée sur l’examen des documents comptables1 ainsi que sur des informations de nature qualitative. Les statistiques présentées dans ce document portent sur cette population d’entreprises qui peuvent, selon les cas, recevoir une cote de crédit 3++, 3+, 3, 4+, 4, 5+, 5, 6, 7, 8, 9, ou P2 . L’établissement de ces statistiques s’appuie sur les notions de défaillance et de défaut. Pour chaque entreprise, le calcul des taux de défaillance et de défaut se base sur la cotation au 1er janvier de l’année considérée. À partir de cette date de cotation, et sur différentes durées (1, 2 et 3 ans ), sont recensés les éventuels événements de défaut ou de défaillance. Dans ce document, sont présentées les statistiques les plus récentes qui sont disponibles au début de l’année 2015. En effet, une année est nécessaire pour observer les éventuels événements de défaut et de défaillance.

Les taux de défaut et de défaillance sont qualifiés de « fixes » parce qu’ils prennent comme dates de référence le 1er janvier de l’année considérée pour le calcul à un horizon de 1 an de la défaillance et du défaut. En 2015, il est ainsi possible de calculer :

 le taux de défaut à 1 an pour l’année 2014,

 le taux de défaut à 2 ans pour l’année 2013,

 le taux de défaut à 3 ans pour l’année 2012.

 

2. Statistiques 2015

Discrimination et capacité prédictive

L’analyse des données  montre une progressivité satisfaisante des taux de défaut et de défaillance, notamment pour les cotes 5 et 6 qui présentaient des taux inversés précédemment et pour lesquels des mesures correctives ont permis de rétablir un bon ordonnancement. Ce caractère discriminant de l’échelle de cotation de la Banque de France ressort également lorsque l’on compare les taux de défaillance et de défaut de l’ensemble de la population à ceux observés pour chaque niveau de cote :

 Les ordres de grandeur entre les taux individuels de défaillance et de défaut de chaque cote de crédit et les taux globaux constatés sur l’ensemble de l’échelle de cotation sont assez stables dans le temps.

 S'agissant des taux de défaillance et de défaut à 1 an, la meilleure cote de crédit ("3++") présente un taux de défaillance et de défaut de 0,00 %, tandis que les taux globaux (taux constatés sur l’ensemble de la population) sont respectivement de 1,55 % et de 1,67 %.

 À partir de la cote 5, les taux de défaut et de défaillance sont supérieurs aux taux globaux. Pour la cote 5, les taux constatés sont ainsi en moyenne presque 3 fois supérieurs aux taux globaux. 

 

Taux fixes à 3 ans Taux de défaillance et de défaut - Statistiques 2014, taux à 3 ans - population : 01/01/2012 

Défaillance : ouverture d’une procédure judiciaire (redressement ou liquidation).

Défaut : défaillance ou attribution d’une cote 9 en raison d’incidents de paiement importants déclarés par un ou plusieurs établissements de crédit. Il ne s’agit donc pas de la définition du « défaut bâlois », collecté seulement depuis début 2012. 

Cotes de crédit Taux défaillance à 3 ans Taux de défaut à 3 ans
3++ 0.06% 0.07%
3+ 0.20% 0.20%
3 0.38% 0.41%
4+ 1.22% 1.29%
4 3.40% 3.61%
5+ 5.55% 5.88%
5 12.00% 12.44%
6 11.44% 11.66%
7 33.55% 39.15%
8 40.84% 55.45%
9 49.33% NC
Total 4.61% 4.88%

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