Questions - Réponses

Bonjour, pouvez vous vous présenter ?

Bonjour. Oui bien sûr, je m'appelle Manu, j'ai 39 ans et j'habite en Alsace. Je travaille dans le secteur bancaire depuis 13 ans.

 

Quand avez vous connu le financement participatif et le crowdlending ?

Très tôt ! (Rires!). Je l'ai découvert dès son arrivée en France en 2011 avec l'arrivée de Prêt d'Union (actuellement United Credit) qui est une plateforme de prêts aux particuliers puis de Spear qui est plutôt orientée entreprises avec des projets d'ordre écologiques et solidaires.

 

Quel était votre état d'esprit à l'époque ?

J'étais enchanté de pouvoir rapidement, simplement prêter à des projets concrets d'entreprises et de particuliers, émerveillé par cette nouvelle technologie qui révolutionne la façon de faire de la finance. 

 

Avez vous investi rapidement ?

Je suis quelqu'un d'ultra cartésien et ultra rationnel. Même si je suis enthousiasmé, j'ai les pieds sur terre, c'est mon côté paysan qui ressort !

J'ai regardé plusieurs fois les vidéos de présentation, relu les conditions générales, je n'ai pas foncé la tête baissée. D'ailleurs c'est ce que je recommande de faire aux visiteurs de mon blog-forum. Puis j'ai commencé à investir, progressivement.

 

Vous vous êtes dit que votre temps est votre allié ?

Oui absolument. Je me suis dit que si ce mode de financement était intéressant, qu'il allait avoir par la suite beaucoup de collecte, et qu'on pourrait de toute façon en profiter. Et si celui là était décevant, qu'il ne resterait pas longtemps sur le marché et que je ne regretterai pas d'avoir pas ou peu investi.

 

Etes vous déçu d'avoir investi sur ces 2 plateformes ?

Absolument pas ! Pour Spear, je savais dès le départ que le principal risque n'est pas l'entreprise puisque c'est l'établissement bancaire qui le prend.

Et donc que celui ci était très limité, d'autant plus que cette plateforme a obtenu le label Finansol et que les comptes de la coopérative sont régulièrement contrôlés. Mon épargne est en sécurité et rapporte plus qu'un simple livret. 

Pour Prêt d'Union (actuellement United Credit), à force d'analyser les chiffres mensuels, je savais qu'il y avait une stratégie à adopter pour gagner davantage.

Ah oui, laquelle ?

C'est un des secrets du crowdlending que seuls mes visiteurs connaissent ! Plus sérieusement, en observant les remboursements de crédit, j'ai rapidement constaté qu'au début du prêt tout va bien et que la plateforme nous annonce des rendements alléchants avec des taux de défaut estimés à moins de 1 %, un rendement net quatre fois supérieurs à celui du livret A. Et puis progressivement, au fil des mois, les incidents ont commencé à apparaître, on commence à moins communiquer un taux prévisionnel de défaut et les rendements annoncés chutent régulièrement.

 

Oui, mais elle est où votre stratégie ?

Quand Prêt d'Union a lancé ses fonds en 2013, et que je savais qu'il y avait une possibilité de sortie à tout moment, j'en ai profité.

Je me suis dit qu'au départ, les rendements allaient être très alléchants car il y avait au départ très peu d'incidents. Et le jour où ça se gâterait un peu, il ne faudra pas hésiter à sortir et être parmi les premiers à sortir ! 

 

Ce que vous aviez anticipé au départ s'est-il réalisé ?

Oui, car j'ai profité des bons rendements (plus de 4 % net d'incident). Et j'ai effectivement constaté que les rendements s'errodaient au fil des mois.

J'ai regardé (et je regarde encore) attentivement la stat mensuelle des défauts des obligations Prêt d'Union commercialisées en  2011-2013 et qui ont une certaine maturité actuellement. Et j'avais constaté que le capital restant dû sur les prêts avec incidents était proche des intérêts bruts touchés et que ce rapport est resté relativement stable au fil des mois.

 

Qu'en avez vous déduit ?

Que le crowdlending n'est pas aussi rentable qu'on veut bien le croire et qu'un rendement affiché à 6 ou 7 % ne veut pas dire forcément jackpot.

Mais que finalement en examinant à la loupe les prêts et leurs remboursements, on pouvait en filoutant un peu s'en sortir convenablement.

Puis le crowdlending entreprises a démarré ?

Oui avec l'apparition d'Unilend en 2013. 

 

Qu'en avez vous pensé ?

Contrairement à Spear, les épargnants prennent ici le risque de non remboursement des entreprises. 

J'ai vite trouvé Nicolas Lesur, le fondateur d'Unilend très commercial. Il annonçait un taux de défaut anticipé "magique" qui me semblait irréalisable.

 

Pourquoi ?

1/ De mon expérience Prêt d'Union où je me suis aperçu que celui ci était déjà bien supérieur !

2/ Contrairement à Prêt d'Union qui a un service de recouvrement assez efficace, Unilend n'en avait pas, ce qui m'a clairement refroidi...

Et j'avais anticipé dès le départ pour cette raison un taux d'incident bien supérieur sachant que les taux proposés au départ (9 à 10 %) étaient délirants.

3/ Je savais que la comparaison avec les stats Banque de France des taux de défaillance des PME n'était pas pertinente, car ici on est dans un univers TPE qui connaît bien plus de défauts et que ce taux de défaillance est annuel sachant qu'on prête sur plusieurs années !

 

Donc vous anticipiez au départ un taux de défaillance bien supérieur ?

Oui car les TPE connaissent un taux de défaillance annuel de 2.9 % et si on prête sur 4 ans, il faut multiplier par 4 ce risque d'incidents...

De plus, la défaillance des entreprises n'explique que la moitié des impayés et qu'il faut regarder plutôt le taux de défaut des TPE qui est plutôt de...6 % !!!

 

Ah oui, je comprends mieux le problème....

Et qu'est-ce qui vous a énervé chez Unilend ?

Déjà ce que j'ai évoqué ci dessus. Ensuite, j'ai remarqué que beaucoup d'entreprises ne publient pas leurs bilans.

Oui mais c'est parce qu'elles souhaitent garder leurs comptes confidentiels, c'est normal ?

3 choses : au niveau de la légalité , les sociétés sont tenues à publier leurs comptes. La clause de confidentialité ne concerne qu'une minorité de TPE or j'ai constaté que beaucoup de sociétés qui ne publient pas leurs comptes doivent normalement le faire ! 

Ensuite, un des arguments des vendeurs de crowdlending c'est la transparence ! Qui dit non publication dit non transparence. Il faut savoir que c'est le grand public qui financent les TPE et que c'est normal que les prêteurs soient informés régulièrement de la santé des sociétés qu'ils financent ! Ils se sentent impliqués et c'est normal ! 

Enfin, au niveau statistiques, on remarque que 30 % des sociétés ne publient pas leurs bilans. Et 90 % des SARL en liquidation judiciaire n'avaient pas publié leurs comptes l'année précédent leur liquidation ! On a donc un risque multiplié par 3 en finançant des sociétés qui ne publient pas leur bilan.

 

Et ça avec des années de recul, ça se vérifie aussi dans le crowdlending ?

Oui. Les risques sont multipliés entre 2 et 3 aussi. Pas d'exception.

 

Mais pourquoi les plateformes n'ont elles pas tenu compte de vos remarques ?

Parce qu'elles souhaitent se développer et qu'elles manquent d'emprunteurs. Si elles devaient en plus retirer les projets des entreprises qui ne publient pas leurs comptes, il ne resterait plus grand chose...

 

Donc le risque est financé par les prêteurs ?

Oui car les plateformes touchent une commission au départ, que les emprunteurs paient ou pas par la suite leurs crédits.

 

Pensez vous que les prêteurs savent ce qu'ils financent ?

Ils pensent le savoir, j'en vois certains qui font de superbes analyses à partir des données indiquées sur la plateforme.

 

Et il ne faut pas le faire ?

Si ces données étaient vérifiées, oui bien sûr ! C'est le bon réflexe.

Pensez vous qu'elles ne sont pas vérifiées par les plateformes?

- Les données comptables c'est fait souvent avec un certain sérieux il faut le reconnaître. Même s'il faut rester vigilant.

Car Olivier Goy qui est le patron de Lendix et qui est quelqu'un de très sérieux a réussi à dénicher un réseau de faux experts comptables.

De plus certaines plateformes ne demandent pas que les experts comptables certifient les comptes...

Il y a donc des dérapages possibles mais dans la majorité des cas, cela reste fiable.

- Concernant l'objet du financement, il n'y a aucune vérification ! Un chef d'entreprise peut parfaitement mentir sur l'utilisation des fonds et je trouve cela très grave ! Ils ne doivent pas envoyer de factures justifiant l'utilisation des fonds. Tous les dérapages sont possibles dans ce cas.

Les prêteurs peuvent très bien financer des entreprises fantômes et qui travaillent avec des organisatons terroristes ou des marchands d'armes !

 

C'est fou ça et personne ne contrôle finalement ?

Non la réglementation est très light là dessus.

 

Cela concerne t-il tellement d'entreprises ?

Je n'en sais rien. Pour le terrorisme, j'espère que cela n'est qu'un exemple fictif.

Pour le reste, je pense que l'objet de financement est faux dans une minorité des cas mais que ce phénomène n'est pas marginal...

D'ailleurs ce qui est étonnant, c'est que sur aucun projet, il ne s'agissait de remplir de nouveau les caisses or on a constaté que dans pas mal d'incidents, le problème venait de là sachant qu'on a plus de 60 incidents à ce jour !

 

Avez vous vu des gérants ayant eu dans le passé des comportements frauduleux ?

Une infime minorité mais j'ai déjà repéré des gérants mélés soit dans des affaires d'escroquerie financière, soit de trafics de drogue soit de vols.

Comment peut on les détecter ?

Par des moteurs de recherche. Il suffit de taper les noms des gérants ou des associés et/ou le nom des entreprises financées (entre guillemets)

C'est très important de passer par des moteurs de recherche avant de prêter...

J'ai d'ailleurs signalé ces cas graves aux plateformes qui dans la majorité des cas n'ont pas retiré les projets en question.

 

C'est très grave ce que vous dites, vous avez aussi dénoncé d'autres pratiques condamnables de plateformes ?

Oui la dissimulation des échéances impayées (prises en charge par les plateformes) dans les statistiques.

 

C'est pas grave car les prêteurs n'ont pas subi de préjudices ?

Si c'est grave. Car ça laisse penser aux prêteurs que la plateforme est fiable car peu d'incidents affichés, ça fausse l'analyse.

Les prêteurs n'auraient probablement pas investi s'ils connaissaient réellement le nombre d'incidents.

De plus, rien n'indique que les plateformes continueront les prises en charge des incidents en cours ou futurs, le nombre d'incidents pouvant alors exploser rapidement, on l'a vu avec Finsquare...

Enfin, si une plateforme fait faillite et n'est pas rachetée, c'est la catastrophe. Plus personne ne s'occupe du contentieux qui risque d'exploser...

 

Autre chose ?

Les liens familiaux entre le patron d'une plateforme et une entreprise régulièrement financée sur celle ci mais je ne détaillerai pas ici.

 

En avez vous parlé à la presse  de tous ces problèmes ?

Oui bien sûr, de nombreux journalistes sont au courant. Je leur ai fourni toutes les preuves de ces pratiques.

 

Et en ont ils parlé dans leurs articles ?

Non j'ai été censuré totalement. Le plus grave c'est que les journalistes partageaient mes analyses et me le faisaient savoir.

Mais très souvent c'est au niveau du chef de la Rédaction que la censure s'est faite.

On a déformé mes propos en citant mon nom et on a écrit dans les articles que je suis trop pessimiste, ce qu'ils ne m'ont jamais dit quand j'ai été interrogé (ils n'ont bien sûr pas évoqué dans leurs articles les problèmes de ce secteur que je leur avais dit et preuves à l'appui).

On a d'ailleurs cité mon nom sans indiquer le nom de ce blog/forum, et ce n'est pas une coincidence...

Quand j'ai demandé un droit de réponse à ma dernière intreview, on m'a dit qu'il sera publié mais qu'il leur faudrait ma ...photo d'identité d'abord.

Puis on m'a indiqué qu'il ne sera pas publié...

J'ai gardé tous les échanges de mails et de tweets pour les personnes qui me prennent pour un mytho !

 

C'est scandaleux ces méthodes !

Oui ! La réponse est dans le mot lobby. Il ne faut jamais émettre de critiques. Lisez les livres de Laurent Obertone pour comprendre notamment l'excellent "Big Brother".

Il y a donc des liens entre la presse financière et certaines plateformes ?

Oui. Et ce n'est certainement pas par hasard pour certaines d'entre elles.

 

Les seules critiques de la presse sur le crowdlending concernent l'affaire Lending Club...

Exact. Lending Club n'a aucun lien avec la presse financière française. Vous avez donc compris...

 

Quels sont les motifs d'incidents les plus fréquents ?

Vigilance pour les fortes commandes promises non honorées, quand c'est trop beau méfiez vous !

Sinon c'est assez divers mais j'ai remarqué qu'il y avait souvent un problème de délais de réglement des fournisseurs...

Mais souvent le motif réel n'est pas indiqué : problème de trésorerie !

 

Ce n'est pas rassurant ce que vous dites, on pourrait vous reprocher de faire une campagne anti crowdlending ?

Oui j'ai été baillonné de certains forums car je suis trop critique.

Sur un autre forum, le webmestre m'a dit que mes propos le dérangeaient.

Mon but n'est pas de démolir le crowdlending, mais je souhaite que certaines pratiques cessent sinon tout risque de s'effondrer et ce serait franchement dommage...pour les prêteurs.

J'espère que certaines pratiques seront condamnées pour repartir sur de bonnes bases mais je me fais trop d'illusions il me semble...

 

Vos remarques sont parfaitement justifiées pourtant ?

Oui je le sais. Mais on n'aime pas les lanceurs d'alerte dans ce pays.

 

Certaines plateformes sont sérieuses avec peu d'incidents malgré tout ?

Oui il y a des gens sérieux heureusement dans ce monde. On peut leur faire confiance pour moi. J'espère que je ne me trompe pas.

 

Qui ?

Lendix et Credit.fr, peut être d'autres aussi mais ces 2 plateformes sont suffisamment sûres à mon sens ?

 

Au niveau rendement ?

Oui, on peut espérer un rendement net de défaut et de fiscalité positif sur ces 2 plateformes d'après mes anticipations.

Toutes plateformes confondues, ce n'est pas le cas.

 

Mais pourtant Unilend annonce un TRI de 3.87 % actuellement, c'est excellent, on est loin du taux de rendement négatif que vous annoncez, vous n'êtes pas un peu trop pessimiste ?

Merci de m'avoir posé cette question ! Car ce TRI qui est publié sur la plateforme Unilend et malheureusement aussi sur la plateforme Lendix est totalement du bidon ! Et je vais vous le prouver :

1/ C'est déjà un taux de rendement brut avant impôts. Or la plupart des prêteurs sont imposables et beaucoup paient le taux de l'acompte IRPP soit 24 %.

De plus, tout le monde paie des prélèvements sociaux à hauteur de 15.5 %. Si vous cumulez les 2, on est taxé à 39.5 %. Il faut les retirer.

2/ Dans son calcul de TRI, Unilend ne met aucune provision sur les prêts qui ont jusqu'à... 6 mois de retard. Et il y en a quelques uns.

3/ Unilend et Lendix font des anticipations fantaisistes sur les mensualités futures : ils considèrent tout simplement que tout ce qui a été payé jusqu'à présent le sera jusqu'à la fin et qu'il n'y aura pas de nouveau clash ! On est bien dans une hypothèse irréaliste à la Oui-Oui ! 

 

Mais alors comment faut-il calculer ?

Il ne faut pas faire de prévision car on ne connaît pas l'avenir par définition.

Il faut regarder d'un côté quels sont les intérêts nets touchés jusqu'à présent, et quel est le capital restant du sur les prêts en retard à ce jour (en appliquant ou pas un taux de perte)

Et regarder le solde tout simplement.

 

Et qu'est ce que cela donne ?

Chez Unilend, pour les prêts souscrits en 2013-2014, 966 637 € d'intérêts bruts ont été versés depuis le départ. En enlevant la fiscalité : IRPP + prélèvements sociaux, soit dans mon exemple : 24+15.5 = 39.5 %, on arrive à 584 815 €.

La somme des capitaux en défaut ou en retard (bon Unilend ne calcule pas le CRD sur les prêts en retard jusqu'à 6 mois ce qui minore le chiffre mais soit) est de 1 159 278 € à ce jour.

Le solde est donc de 584 815 - 1 159 278 = -574 463 €. On est donc bien en rendement négatif et pas qu'un peu !

On est très loin de 3.87 % affiché !!!

 

Ah oui, je comprends, c'est très malin de leur part et la majorité des prêteurs prennent ce chiffre pour argent comptant...

Oui c'est ça le drame ! C'est aussi pourquoi j'ai créé ce blog de réinformation.

 

 

Vous avez prévu le succès de Lendix et son sérieux ?

Oui dès le départ comme j'avais prévu l'amateurisme d'Unilend. Je savais qu'il serait en tête des collectes et qu'il aurait peu d'incidents.

 

Pourquoi ?

Il a la confiance de nombreux institutionnels qu'il ne doit pas décevoir. C'est un grand défi. Les dirigeants mettent au pot pour chaque projet c'est signe qu'ils ont confiance en leurs projets et derrière Lendix il y a 123 Venture acteur sérieux dans la finance.

 

Taux d'intérêts élevés = plus de défauts ?

Pas systématiquement mais c'est souvent vérifié. Je l'avais aussi annoncé. En faisant du subprime, on ne fait rien de bien.

Il y a toujours eu dans la finance une relation étroite entre le taux et le risque.

 

Oui mais les prêteurs ne vont pas prêter à 2 % compte tenu de la fiscalité importante et des risques d'incidents... ?

Tout à fait exact c'est pour cela car j'avais parlé dès le départ de taux d'équilibre, taux suffisamment important pour les prêteurs sans pénaliser les emprunteurs. Il est situé entre 5.5 et 8 %.

Au délà de 8 %, on constate que les taux de défaut explosent et que le surplus d'intérêts ne compense pas l'explosion des défauts.

Les plateformes l'ont compris et ont abaissé les taux en laissant les enchères sur une plus longue durée.

 

Que pensez vous des plateformes avec des enchères inversées ?

Je n'y ai jamais cru ! Les entreprises sérieuses veulent des taux fixes (surtout en France) et ne veulent pas risquer d'être financées à 10 % !!!

Les prêteurs ont trop tendance à raisonner prêteurs et ne se mettent pas suffisamment à la place des emprunteurs, c'est ce que je leur reproche !

On a davantage de casses sur ce type de plateformes, ce qui est logique ! Ce système ne va pas persister !

Et l'autolend ?

C'est une stupidité. Et je l'ai dit dès le début. Car le but étant d'accélérer les collectes or il n'y a pas assez d'emprunteurs fiables à ce jour qui acceptent d'être financées sur les plateformes. 

Ca sera en revanche utile dès que la base des emprunteurs fiables sera suffisamment grande mais pour cela il faut peu d'incidents.

 

Comme chez Lendix ?

Oui, même s'il est encore trop tôt de le mettre en place chez Lendix. Mais le temps viendra également.

 

Vous prévoyez un avenir noir pour le crowdlending ?

Il y aura beaucoup de casses car c'est un secteur qui va se concentrer. Beaucoup de plateformes vont  mettre la clé sous la porte.

Je conseille aux prêteurs de ne pas prêter aux petites plateformes.  Beaucoup de plateformes qui vont disparaître ne vont pas être rachetées.

Il y aura énormement d'incidents.

 

Mais ça semble résister actuellement ?

Oui je pense qu'on souhaite retarder le plus longtemps possible ce moment douloureux. C'est stratégique et calculé.

 

Toutes les plateformes vont-elles disparaître ?

Non mais la grande majorité.

 

Les collectes vont donc baisser ?

Non tant que les grosses continuent de grossir avec peu d'incidents et avec la confiance des institutionnels

Ce sont ces 2 critères qui sont importants ?

Non c'est le degré de risque qui est le plus important qui va attirer ou pas les instits et permettent une survie à terme du crowdlending.

C'est pour cela que mon blog se focalise sur l'étude du risque !

 

Sans institutionnel, pas de survie possible ?

Une plateforme pour être rentable a besoin de collecter 100 millions d'euros par an.

Si elle pense le faire avec 100 % de particuliers, elle est en plein rêve !!!

 

Un crowdlending à plusieurs milliards d'euros,est-ce réaliste ?

Ca ne me semble pas totalement délirant mais à une seule condition : que les risques soient sérieusement maîtrisés pour attirer la confiance des institutionnels. Au délà de 2 à 3 % net de rendement, des fonds importants peuvent se positionner.

On en est encore loin sauf avec 2 plateformes qui peuvent avoir peut-être cet espoir. Car l'épargne dormante n'a jamais été aussi importante et les conditions de taux sont proches de 0 % actuellement...

En revanche, si aucune plateforme n'arrive au niveau de rendement de 2 à 3 % net, la disparition du crowdlending sera assurée.

Attention : pour le développement, les plateformes ont besoin d'institutionnels mais ceux là ne sont pas fidèles, la maîtrise du risque doit donc être permanente...sinon on se retrouve dans l'affaire Lending Club.

 

Merci Manu pour toutes tes réponses. Cette rubrique va progressivement se développer avec les nombreuses interrogations des prêteurs.

Merci à vous de m'avoir accordé cet entretien.

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