Les idées fausses sur le crowdlending

Faux vrai

 

1. Le taux d'incidents est proche de 1 à 2 % par dossier 

FAUX - Les plateformes affirment que le risque d'incident est de 1 à 2 % par dossier, en comparant ce chiffre au taux de défaillance des PME françaises (1.7 %).

1ère erreur : ce taux de défaillance n'est pas un taux de défaillance par dossier mais un taux de défaillance annuel, ce qui est clairement différent.

Dans le crowdlending, la durée moyenne des prêts aux entreprises est de 4 ans.

Ce qui signifie que chaque année, il y a un taux de défaillance qu'il faudra donc additionner pour toute la durée du prêt. 4 ans à 1.7 % cela fait 6.8 % de dossiers qui connaissent des incidents.

2ème erreur : il s'agit d'un taux de défaillance (1.7 %) qui concerne l'ensemble des PME or bien souvent dans le crowdlending, les prêteurs financent des TPE (entreprises de moins de 10 salariés) qui connaissent des taux de défaillances plus proches de 3 % par an. Et donc prêter sur 4 ans, cela fait 3 % * 4 = 12 % de risques d'incident par dossier.

Txdef

 

3ème erreur : ce taux de défaillance concerne les prêts financés par le secteur bancaire. Or les banques ne financent pas les sociétés sans prendre des garanties.

Or le crowdlending ne prend pas de garantie, ce qui augmente forcément le risque d'impayé. 

Donc les 3 % de défaillances annuels des TPE ne concernent que des TME qui ont été financés par les secteur bancaire.

Le crowdlending connaîtra des taux de défaillance supérieurs. C'est d'aillleurs au fil des mois que le véritable chiffre apparaîtra.

 

2. En multipliant les projets financés, on divise les risques :

VRAI ET FAUX.

VRAI - Si on considère que prêter 1000 € sur 50 projets est moins risqué que prêter la même somme sur 10 projets. 

FAUX - Prêter 1000 € sur 50 dossiers sera très souvent plus risqué que 200 € sur 5 dossiers.

Le risque et le piège pour le prêteur consiste à penser qu'il faut sans arrêt investir les intérêts ou augmenter considérablement le budget prêt pour réduire les pertes.

 

3. En prêtant 1000 € sur 100 projets (au lieu de 1000 € sur 10 projets), on augmente le taux de rendement :

FAUX - Le taux de rendement n'a rien à voir avec le nombre de projets financés mais plutôt avec la qualité des projets. 

Si on estime (ce qui n'est pas toujours vérifié) qu'on sélectionne bien les entreprises, on peut espérer avoir même un rendement supérieur en étant plus sélectif.

Mais dans les faits, selectionner les bons projets est très compliqué car les infos délivrés aux prêteurs ne sont pas suffisamment complètes et claires et sont souvent peu ou pas du tout vérifiées. Notamment ce que les entreprises font en vérité avec les sommes prêtées.

 

4 - Une entreprise qui ne dépose pas ses comptes au BODACC n'est pas plus risquée qu'une autre :

FAUX - Il y a bien entre 30 et 40 % des sociétés qui ne publient pas leurs comptes, mais ce qu'il faut savoir c'est que 90 % des SARL qui ont fait défaut n'avaient pas publié leurs comptes.

Le risque est donc 2 à 3 fois supérieur (90/40) ou (90/30) d'avoir des incidents avec des sociétés qui ne publient pas leurs comptes.

Explication : la plupart du temps, la non publication permet de cacher la vérité et d'eviter d'effrayer les partenaires commerciaux.

 

5 - Il n'est pas obligatoire pour une entreprise de publier ses comptes :

VRAI ET FAUX : 

VRAI - Pour les entreprises individuelles et les sociétés qui remplissent au moins 2 des 3 conditions suivantes :

* Un chiffre d'affaires inférieur à 700 000 €

* Un bilan inférieur à 350 000 €

* Moins de 10 salariés

FAUX - Pour toutes les autres sociétés (l'immense majorité des entreprises financées par le crowdlending)

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